L’IPEV, Institut Polaire Français Paul Émile Victor, a pour vocation la mise en œuvre de projets scientifiques dans des milieux dont les spécificités — climat, isolement, éloignement — rendent nécessaires des compétences et technologies adaptées. Sur le plan opérationnel, il est l’agence française de soutien logistique à la recherche scientifique dans les régions polaires. Créé en 1992, il a pris la relève des Expéditions Polaires Françaises de Paul Émile Victor.
Au plan pratique, l’IPEV encadre l’activité et les installations scientifiques au sein des trois districts austraux du Territoire des TAAF (Kerguelen, Amsterdam et Saint-Paul, les îles Crozet), ainsi que l’activité scientifique au Svalbard. En Terre Adélie, il assure la gestion technique et logistique — maintenance et développement — sous l’autorité administrative du même territoire. Au-delà, il intervient également sur des sites extérieurs comme Concordia, indépendamment du cadre territorial des TAAF.
L’IPEV soutient des programmes scientifiques nationaux et internationaux, assure le fonctionnement des observatoires et garantit les conditions de séjour dans ces régions où l’isolement et le climat exigent une technicité particulière. Il prend en charge la construction, la gestion et l’entretien d’infrastructures et de stations autonomes, et maintient les moyens mobiles permettant l’accès au continent en toute sécurité.
Sur le plan administratif, l’IPEV est un Groupement d’Intérêt Public (GIP). Cette forme juridique permet d’individualiser l’exercice d’une activité spécifique et d’institutionnaliser un partenariat entre plusieurs personnes morales de la sphère publique, selon des règles statutaires souples. Il offre un cadre moins contraignant que le statut d’établissement public et plus solide que le statut associatif — celui des anciennes Expéditions Polaires Françaises.
L’Institut représente la France dans la concertation internationale sur les milieux polaires et contribue au rayonnement de la recherche polaire française. Il collabore avec ses homologues étrangers, noue des partenariats internationaux et participe aux discussions sur le Traité sur l’Antarctique et le Protocole de Madrid.
Les programmes scientifiques soutenus sont sélectionnés par le conseil scientifique, composé d’au maximum neuf membres choisis pour leurs compétences dans le domaine d’intervention de l’Institut, dont au moins un tiers de nationalité étrangère. Les membres sont désignés par l’Assemblée générale pour un mandat de quatre ans, renouvelable.
